Lettre ouverte à Manuel Valls, Premier Ministre

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Lettre ouverte  à  Monsieur Manuel VALLS, Premier Ministre  

  

Nous attendons depuis quatre ans une parcelle de terrain pour implanter notre entreprise franco-française sur la métropole rennaise en Bretagne alors que le chômage atteint un chiffre record. 

 

Monsieur Le Premier Ministre, 

Le projet alimentaire « Les artisans du frais » est  innovant, il répond  aux attentes des consommateurs  de plus en plus sensibles à l'origine géographique, à la qualité des produits alimentaires qu'ils consomment  et aux attentes des agriculteurs de plus en plus intéressés par un débouché en circuits courts de leur production. Il est conforme aux orientations gouvernementales sur le développement des circuits courts alimentaires et la création d’emplois.

Cette initiative  à la dimension des attentes du marché local représente  un investissement de 10 M€, la création de  102 emplois en CDI, la formation de 12 jeunes et de multiples participations d’entreprises : plus de 300 producteurs locaux, plus de 690 éleveurs régionaux, plus de 60 artisans locaux,  des coopératives locales, régionales et fruitières du sud de la France. Ce projet est reproductible, il  représente  un potentiel de milliers d’emplois au niveau  national.

Depuis plus de 4 ans, nous avons organisé de nombreuses réunions, de multiples rendez-vous  avec les acteurs locaux et travaillé au développement du projet, ce qui représente un investissement temps et financier très  important. Nous avons eu de nombreux soutiens et avons été entretenu dans une espérance positive laissant penser que ce projet allait légitimement aboutir.

Ainsi la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine   a  participé très activement au projet. Elle a écrit dans un rapport adressé au Préfet  : « La Chambre d’agriculture poursuit le travail entamé depuis bientôt 30 ans en matière de structuration des filières et des circuits courts. Elle identifie dans ce projet une réelle opportunité de croiser filières et territoire, l’enjeu est donc de taille ».  Elle a  écrit dans un compte rendu de réunion : « Rennes Métropole est intéressée par le projet, qui est en phase avec les besoins du territoire. La collectivité se positionne en facilitateur ».

Le Préfet de Région, qui a reconnu l’intérêt du projet, nous  encourage dans son courrier  à poursuivre nos démarches. Nous avons eu  le soutien de l’ex-Ministre du Redressement Productif qui nous a attribué un référent local pour suivre le dossier et le soutien du Ministre de l’Agriculture qui a demandé à la DDTM de nous aider dans nos démarches.

Malgré toutes ces démarches et interventions, le projet n’est pas réalisé à ce jour. En tant qu’autorité supérieure,  chef de gouvernement et  dernier recours avant le Président de la République, nous vous avons alerté  par trois courriers recommandés et sollicité pour mettre fin au « French  Bashing »  de Rennes Métropole. Cette collectivité, financée par l’état,   a feint de s’intéresser au projet mais a finalement tout fait pour le faire échouer. Depuis 2011, elle  refuse délibérément les autorisations nécessaires à notre implantation et vient d’accorder à des projets plus récents, sur l’un des secteurs demandés, des autorisations et des dérogations par  un tour de passe-passe, à deux grandes enseignes de la distribution. Ces mêmes autorisations et dérogations nous ont été refusées. Pourtant notre projet représente plus d’emplois, plus de formation que ces deux projets de grande distribution réunis et  il est un  enjeu majeur  au développement des circuits courts alimentaires.

Nous sommes actuellement profondément déçus par le traitement que vous avez réservé à notre dossier. Votre seule action a consisté à  renvoyer notre dossier au Préfet de la Région Bretagne alors que nous vous avons informé que le Préfet reste inactif sur notre dossier. Malgré votre recommandation, le Préfet  ne donne toujours pas suite, et vous n’avez pas répondu à notre dernier courrier recommandé. 

Vous déclarez aux français être au soutien de l’entreprise, de l’investissement, de l’emploi, de la formation et  défendre les inégalités :

-« J’ai dit en France que j’aimais les entreprises, (…)c’est là où travaillent, se forment les salariés ».        -« Ce sont les entreprises qui créent la richesse et donc l’emploi. Je l’ai même dit en allemand, c’est dire, à Berlin »,- « c’est important de le dire ici, à la City : my government is pro-business ». - « la France veut faire du soutien aux investissements et à l’entreprise la condition fondamentale de son redressement économique. » -  « la  France a besoin de ses entreprises, de toutes ses entreprises (...), car ce sont les entreprises qui, en innovant, en risquant les capitaux de leurs actionnaires, en mobilisant leurs salariés, en répondant aux attentes de leurs clients, créent de la valeur, génèrent de la richesse qui doit profiter à tous. » - « Je crois dans la formation des jeunes ». - « L'égalité reste le combat de ce gouvernement »        - « Et on met donc le paquet pour lutter contre les inégalités » -  « il n'y a aucune inflexion de ma part »   - « Même si encore une fois, si je vous disais le contraire, je serais irresponsable, ». - « On est forcément révolté quand un fils d'ouvrier a moins de chance de réussir qu'un fils de cadre » - « Je ne suis pas un déserteur. »

Tels sont vos propos. Nous sommes donc en droit de  vous demander d’agir et d’aider à la naissance de ce projet innovant  comme l’a fait le Président Vincent Auriol  avec son Ministre Edgar Faure en 1953 pour soutenir l’initiative locale débutante de monsieur Edouard Leclerc.

N’ayant pas reçu de réponse, nous  vous réitérons nos questions : allez-vous  mettre fin à cette injustice qui entrave notre liberté d’entreprendre et renforce le monopole de la grande distribution ? Ou validez-vous  le refus systématique de Rennes Métropole ? Dans ce cas, expliquez-nous pourquoi le projet      «  Les artisans du frais » ne bénéficie pas des mêmes autorisations et dérogations que celles accordées à la grande distribution ?

Il est utile de vous rappeler que le  taux de chômage enregistre  un nouveau taux record en octobre avec  28 400 demandeurs d’emplois supplémentaires, que le secteur marchand a détruit 55 200 emplois sur le 3ème trimestre. Dans une période aussi difficile, chaque projet compte et à plus forte raison  lorsqu’il s’inscrit dans une perspective d’avenir comme le projet  « Les artisans du frais ».

Vous résumez la situation française par « trop de souffrance, pas assez d’espérance » alors ne tournez pas le dos à ce projet  porteur de création d’emplois, d’espoir et de renouveau.

Comme vous voulez aussi en finir avec le « French Bashing » qui vous est insupportable, c’est l’occasion de  montrez votre « French Spirit » en prenant les décisions difficiles qui s’imposent dans l’intérêt de tous.

Il n’est pas nécessaire d’être un « guerrier » ou un   « combattant »,  il suffit d’entreprendre  pour changer ce qui peut l’être maintenant.   Nous faisons appel à votre courage d’homme politique pour que  le site demandé soit mis à notre disposition.

Les français attendent de l’action !

Nous vous prions de croire, Monsieur Le Premier Ministre, en l’expression de notre très haute considération comme dans notre totale détermination.

Décembre 2014   - Thomas et Dominique DUFFY


 1425713 538928682865614 236460696 n      Voir vidéo : le pouvoir de l'exemple !

 

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Pétition sur Change.org  STOP au lobby de la grande distribution, OUI à l'économie locale

 

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Commentaires (1)

sandra
  • 1. sandra | 12/11/2015
Bien dit.
On voit là tout le cynisme d'un gouvernement empêtré dans ses contradictions et sa passivité.
J'ai signé la pétition qui soutient votre projet. Je crois aussi qu'il y en a marre des excès de la grande distribution qui réalise de grandes marges au détriment des producteurs à qui elle impose la course vers les bas-prix. Surtout qu'elle n'a cessé de se développer à travers le monde et qu'elle réclame des volumes de produits à la livraison toujours plus élevés : ce qui a pour effet d'augmenter les rythmes de travail pour les exploitants et d'accélérer la croissance des élevages intensifs (les fameuses ferme-usines), seuls aptes par le nombre d'animaux à satisfaire cette demande productiviste. Quelle logique infernale, toujours plus et moins cher ! Mais que les animaux souffrent de conditions de vie dégradées, que les pesticides et engrais polluent l'environnement, que les exploitants travaillent 72h/semaine, peu importe, on continue....Développer les circuit-courts et le bio, remplacer quantitatif par qualitatif, c'est selon moi, le bon sens.

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