"L’Illusion du choix"

Le 3 décembre 2015, Dominique Duffy

 

Peu importe où vous vivez, vous ne pouvez pas échapper à la mondialisation. « L’Illusion du choix », c’est ce que l’on tente de vous offrir dans les supermarchés. Pourtant, derrière les centaines de marques qui se partagent le marché, il ne subsiste qu’une dizaine de multinationales. Bien que les produits en portent rarement le nom, ces mastodontes de l’industrie alimentaire  se trouvent presque à chaque fois derrière vos achats.

 

Mais n’oubliez pas que le pouvoir de choix est le nôtre, ne tombons pas inconsciemment dans les griffes de ces géants de l’alimentaire qui masque la réalité  crue de l'exploitation de l'agriculture de pillage et de pseudo-nourriture par des budgets de publicité gigantesques, des stratégies de marketing, des slogans séduisants et les images de fermiers souriants et de gentilles grands-mères.

 

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Alors que la population mondiale et la consommation alimentaire ne cessent d’augmenter, le nombre d’entreprises actives dans le secteur alimentaire diminue paradoxalement. Afin d’accroître leurs parts de marché et leur pouvoir, les grandes multinationales rachètent leurs concurrents. Ces géants de l’agroalimentaire peuvent, dès lors, dicter les prix et influencer les politiques publiques et l’industrialisation croissante menace de plus en plus les écosystèmes.

 

Les semenciers

 

En 1996, les dix plus gros semenciers se partageaient moins de 30% de parts de marché. Aujourd’hui, les trois plus grandes entreprises en contrôlent plus de 50%, avec souvent pour conséquence une augmentation du prix des semences. Les trois leaders mondiaux sont aussi les plus importants vendeurs de pesticides.

"La guerre des graines"Ci-contre un film utile film qui donne les clés pour comprendre comment des multinationales veulent confisquer le vivant. Un film qui donne envie de se battre pour sauver notre indépendance alimentaire.

 

 

 

Les agriculteurs

 

Ils sont sous la pression des multinationales, tant par le rachat à bas prix du soja, du blé et du maïs que par le coût élevé des semences, des pesticides, de l’énergie, des engrais et du fourrage. Les prix records des denrées alimentaires atteints en 2008 ont bénéficié aux multinationales, au détriment des agriculteurs. L’éleveur s’endette en assumant les risques liés à l’exploitation, comme les maladies et le climat.

 

 

Recherche du profit au détriment d’une production intégrée

 

Alors qu’auparavant tout  était produit et réutilisé à la ferme – semences, jeunes animaux, matières fourragères, engrais  dans le sens d’une production intégrée, l’industrialisation et la recherche du profit à tous les échelons de la chaîne de production alimentaire et d’agrocarburants ont des conséquences négatives pour les sols, l’eau, le climat, la protection des animaux et la santé.

 

Un lobby très puissant

 

L’influence des géants de l’agroalimentaire ne cesse de s’étendre. Des milliers de lobbyistes défendent les intérêts des grandes multinationales et leurs représentants sont souvent au cœur même des instances gouvernementales. Avec succès, puisqu’ils arrivent à influencer des décisions clé, comme l’homologation de pesticides ou de semences génétiquement modifiées, les priorités de recherche publique ou les accords commerciaux. Les traités de libre échange transatlantiques — TAFTA / TTIP sont négociés dans la plus grande opacité par la Commission européenne (des pétitions circulent sur le net, qu'il faut absolument signer https://www.collectifstoptafta.org/)
 

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L’eurodéputé écologiste aveyronnais José Bové

publie "L’alimentation en otage", une charge documentée contre ces « multinationales qui contrôlent nos assiettes ». Les deux auteurs, aidés par l’équipe de l’eurodéputé, y expliquent comment une poignée de puissants concentrent tous les pouvoirs... Qu’il s’agisse des secteurs des matières premières, de la transformation et de la grande distribution.

 

 

Manger bio, c'est pas du luxe , un livre de  Lylian Le Goff

 

 « L'auteur démontre même que les aliments non bio coûtent plus cher au contribuable en raison des subventions versées aux agriculteurs conventionnels. Bien sûr, il faut ajouter à cela le coût des dégâts infligés à notre planète et des soins donnés à ses habitants, malades des pollutions dues à l'agriculture conventionnelle. Manger bio, c'est aussi faire le choix du développement durable. Pour passer immédiatement à l'action, préserver sa santé et celle de la planète, Lylian Le Goff apporte des conseils nutritionnels, des recettes et des menus chiffrés. Médecin, Lylian Le Goff est impliqué depuis des années dans la prévention sanitaire. Cofondateur et animateur de plusieurs réseaux coopératifs, ses objectifs sont la promotion d'un véritable développement durable et l'essor des produits biologiques.

Manger bio c est pas du luxe

 

Mais attention à "La Bio Piratée"

 

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Dans son article La Bio Piratée du 12 février 2014, Dominique Guillet nous livre quelques résultats de son enquête :

" En Europe et en Amérique du nord, la plus grande partie des distributeurs d'aliments “biologiques” ont été rachetés par les grands cartels de l'agro-alimentaire: Nestlé, Cargill, Coca-Cola, etc. En France, par exemple, Lima et Danival ont été rachetés par Hain Celestial, aux USA, derrière lequel se cache l'argent de Monsanto, Walmart, Philipp Moris, City Group et Martin Lockeed. En France encore, acheter les produits bios de Bonneterre, de Bjorg, d'Evernat, d'Allos, de Tartex, d'Alter Eco... c'est participer à la prospérité du Hollandais Royal Wessanen, l'un des grands groupes Européens de l'agro-alimentaire. En France encore, 95 % des légumes bios commercialisés sont produits à partir de semences de variétés hybrides F1; ce qui signifie que le consommateur bio, par exemple, a une “chance” sur deux d'acheter un melon bio “Monsanto/Bayer/Syngenta” puisque ces trois groupes de la chimie possèdent la moitié des 250 variétés de melons inscrites dans le catalogue national du GNIS"


 

"En France encore, l'association Kokopelli est “certifiée” bio par Qualité France, qui a été racheté par Bureau Véritas, l'un des leaders mondiaux du contrôle industriel. Dans le Tiers-Monde, l'IFOAM (la fédération internationale de l'agriculture biologique) rabat du petit paysan pauvre pour produire du bio, et encore plus de bio, au service de l'export vers les pays riches, au service de l'industrie bio, et donc au service de l'industrie tout court. Ad nauseam."

 

« En France, également, un certain nombre de compagnies bios sont des filiales d’un des plus gros groupes Européens de l’Agro-alimentaire, la multinationale Royal Wessanen qui emploie 2100 personnes: Distriborg (Bjorg, Biodistrifrais et Bonneterre) rachetée en 2000 et dont le rachat total fut finalisé en décembre 2009; Evernat; Whole Earth; Zonnatura; Kallo; Clipper racheté en mars 2012; Ekoland; De Rit; Allos; Tartex; Culinessa; Biorganic; Bioslym; Merza; Fertilia; Kalisterra; (ce dernier, revendu en juillet 2011). Il en est de même de France Alter Eco (le leader du commerce équitable de produits biologiques) qui vient d’être racheté, en 2013, par Distriborg donc par Royal Wessanen et qui s’en vante. (3) « France Alter Eco s’adosse donc à un groupe disposant de moyens financiers plus importants. La marque va garder son nom, nous allons juste devenir une filiale de Distriborg, qui est elle-même une filiale du groupe hollandais Wessanen » s’exprime Laurent Murat, le directeur du marketing. Distriborg, c’est également les marques: Vivis fructose, Pléniday, Gayelord Hauser, Schär, Yao Tea, Wakama, Tuocha, Florystelle, Ephynéa, Krisprolls, Tien Shan, Agnesi, Patak’s, Thai, Amoy, Grand’Italia, Kara et Skippy. (18) »

 

 

L’alimentation bon marché n’est en fait qu’une illusion , ne laissons pas notre avenir dans les mains de quelques multinationales

Le bon marché aussi coûte cher. L'alimentation industrielle  contient beaucoup de sel, de sucre et de graisses, mais également des colorants de moindre qualité, des exhausteurs de goût, des agents de remplissage et des conservateurs. Les animaux sont gonflés artificiellement dans des conditions épouvantables. La monoculture à grande échelle appauvrit le sol fertile, ce qui obliger les cultivateurs à utiliser de l'engrais chimique. Les pesticides chimiques tuent la biodiversité et provoquent la mort des abeilles, ce qui compromet la pollinisation des plantes.

En cherchant le bon marché à tout prix, on perd nos agriculteurs, nos artisans, la qualité de l'alimentation,  la santé et on économise sur le dos de l'avenir de nos enfants.  

Heureusement de plus en plus de personnes réalisent qu'il faut récupérer le contrôle de nos aliments. Si on raccourcit la chaîne alimentaire, il y aura à nouveau un lien direct entre le producteur et le consommateur.

Tous ensemble, on peut faire en sorte qu'à l'avenir l'alimentation juste, durable et locale soit la norme et non pas l'exception.

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Pour changer de modèle alimentaire soutenez notre

 

pétition "STOP au lobby de la grande distribution, OUI

 

à l'économie locale"

 

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Commentaires (1)

Dominique Guillet
  • 1. Dominique Guillet (site web) | 23/12/2015
Sur la Bio Piratée, ce sont quatre articles supplémentaires qui sont disponibles sur le blog de Kokopelli. Bonne lecture. Xochi

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