Brésil : la face cachée de votre jus d’oranges pressées

Le 23 décembre 2015

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Le 21/12/2015 Par Ingrid Aymes, Florence Sonntag, Elodie Nace dans Altermondes

Le jus d’oranges est le jus de fruit le plus consommé au monde : sur la seule année 2013, la consommation moyenne a atteint 7,8 litres par personne en France. Mais que serait-il de cette popularité si l’on découvrait ce qui se cache derrière chaque verre ? Des conditions de travail précaires, des salaires trop bas et une pression croissante sur les producteurs et travailleurs de la part des entreprises, notamment de la grande distribution, qui dominent le marché. En première ligne pour dénoncer cette situation intenable, les ONG de solidarité internationale et le mouvement du commerce équitable essayent de montrer qu’elle n’a pourtant rien d’inéluctable.

 

Environ 70% du jus d’orange bu dans le monde est produit au Brésil par trois entreprises : Cutrale (30%), Citrosuco/Citrovita (25%) et Louis Dreyfus Commodities (15%). Plus du tiers des exportations brésiliennes est destiné à l’Union européenne où 82% du jus d’orange est vendu en grande surface. Des marques de distributeurs comme Aldi, Carrefour ou du groupe Schwarz détiennent deux tiers de ce marché juteux. Une position dominante dans la filière du jus d’orange dont elles tirent profit mais qui ne les pousse pas à faire pression pour plus de droits pour les producteurs et les travailleurs. Au contraire, elles n’exercent pas de réelle vigilance sur leurs sous-traitants et laissent ainsi libre cours aux pratiques commerciales déloyales. C’est en tout cas ce que dénonce le rapport « Pressés comme des oranges : enquête chez les producteurs brésiliens de la filière européenne du jus d’orange », publié par Peuples Solidaires-ActionAid France dans le cadre de la campagne CaddiEthique.

 

 

Travail précaire, bas salaires et pression croissante

 

Les trois entreprises brésiliennes leaders dans la production, la transformation et l’exportation du jus d’orange s’approvisionnent à 60% auprès de petits et moyens producteurs, payés entre 2,80 et 3,20 US dollars (US$) par caisse d’oranges. Un prix qui ne suffit pas à couvrir les coûts de production, estimés à entre 3,70 et 5,50 US$. Le reste des oranges provient de leurs propres plantations. Ici, les ouvriers agricoles doivent récolter une tonne et demie d’oranges par jour pour gagner le salaire minimum légal de 690 réaux, soit 150 euros, insuffisant pour vivre dignement. Les ouvriers sont de toute façon contraints de réaliser des heures supplémentaires. Leur travail est physiquement éprouvant, précaire et sans protection légale. Obligés de manipuler des pesticides dangereux, peu d’entre eux disposent d’une assurance maladie, de matériel adéquat et de formation en santé et sécurité. Difficile pour eux de se plaindre de ces conditions : l’attitude des entreprises est souvent anti-syndicaliste, l’entrée des syndicats dans les plantations étant souvent interdite ou autorisée sous haute surveillance.

 

 

Le commerce équitable seule alternative

 

Comment les Français peuvent-ils s’assurer que leur jus préféré ne soit pas le fruit de violations de droits humains ou de l’exploitation de travailleurs-euses agricoles brésilien-nes ? Selon Peuples Solidaires-ActionAid France, l’adoption de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales par le parlement français serait un premier pas dans la bonne direction. Dans un contexte de mondialisation des chaînes d’approvisionnement, les multinationales, y compris la grande distribution, ne doivent plus pouvoir agir en toute impunité.

 

Lire la suite : http://www.altermondes.org/bresil-la-face-cachee-de-votre-jus-dorange-pressees/

 

 

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