Pesticides dans les Vosges : la menace invisible !

Le 14 mars 2016

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Par dans http://www.centpourcent-vosges.fr

 

La Semaine sans pesticides, du 20 au 30 mars, attire l'attention sur le glyphosate, un herbicide au cœur de la polémique. Dans les Vosges, le cours d'eau de la Cleurie est concerné par cette pollution. Explications avec Vosges Nature Environnement.

Ces dernières semaines, plusieurs reportages ont tiré la sonnette d'alarme. Cash Investigation d'Élise Lucet sur l'agrochimie, Envoyé Spécial au sujet des élevages européens. 

" Ces émissions ont secoué les spectateurs, ça commence à bouger ", confirme Jean-François Fleck, Président de Vosges Nature Environnement. Jamais les consommateurs n'ont semblé autant préoccupés par leur alimentation et la qualité de leur environnement. 

Dans les Vosges tout particulièrement, où une rivière est l'objet de toutes les inquiétudes. La Cleurie est la plus polluée de Lorraine, " son taux d'ampa est le plus élevé d'Europe ! Les taux mesurés sont de 160 microgrammes par litre, contre une moyenne comprise entre 5 et 10 microgrammes. C'est 30 fois supérieur ! ", déplore le spécialiste de l'environnement. 

Mais alors l'ampa, c'est quoi au juste ? Une molécule qui entre dans la composition de l'herbicide Roundup de Monsanto. Et ce n'est pas la seule, il y a le glyphosate, qui est le principe actif de ce désherbant : " Il est présent dans la Cleurie car il provient du coton importé et utilisé en blanchisserie, qui est transgénique et imprégné de pesticides. Ces cotons sont lavés et traités au niveau des blanchisseurs, avant de servir à la fabrication du linge de maison et des vêtements. C'est la rivière qui trinque, c'est le vrai point noir. " 

Une récente étude de 60 Millions de consommateurs a démontré sa présence dans les tampons et serviettes hygiéniques. Elles sont confectionnées avec le même coton.

Dans le cours d'eau aussi, des surfactants, des POEA… Autant de noms barbares aux conséquences pour le moins floues. " Ce sont des adjuvants contenus dans les pesticides, qui sont des résidus de l'industrie pétrolière. Ils sont extrêmement toxiques et sont des perturbateurs endocriniens. Certains ne sont pas identifiés, car les industriels se protègent derrière le secret industriel. 

Au lieu de réaliser des études de longue durée ou du produit dans sa globalité, les industriels contournent la difficulté en réalisant des études courtes et sur le principe actif seulement, le glyphosate en l'occurrence, qui n'est pas le plus toxique dans le produit commercial ", s'alarme encore le spécialiste. 

" Ces substances causent cancers, maladies neurologiques, diabète, obésité, autisme, infertilité. Aujourd'hui, on a des données qui montrent que toutes ces maladies sont dues à l'accumulation de ces substances chimiques. C'est un scandale sanitaire. Le glyphosate, on le retrouve partout dans les analyses d'urine chez l'homme et l'animal. "

Seul hic, les dangers sanitaires du glyphosate ne font pas l'unanimité. Classé cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) l'a conservé sur sa liste des substances actives autorisées. " Mais les études de l'EFSA sont influencées par les firmes agrochimiques ", juge Jean-François Fleck.

Pour faire face, l'association réclame une meilleure transparence dans les études et que les agences de sécurité alimentaire procèdent elles aussi à l'évaluation complète des composants et pas seulement en partie. 

Malgré les effets de plus en plus connus d'une partie de ces perturbateurs endocriniens sur la santé, leur interdiction n'est pas à l'ordre du jour. La décision de la Commission européenne sur l'autorisation du glyphosate a été reporté in extremis il y a quelques jours.

 

Article sur http://www.centpourcent-vosges.fr/societe/eco-citoyen/pesticides-dans-les-vosges-la-menace-invisible-a4020.html

 

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