Monsanto : pour que justice germe

Par Coralie Schaub — Libération

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Produit phare de Monsanto, l’herbicide Roundup contient du glyphosate,

une substance accusée d’être toxique pour l’homme. Photo Getty images/AFP

 

Un collectif international de juristes et d’ONG lance ce jeudi un

tribunal  international pour juger la multinationale accusée

«d’écocide».

 

En ces temps où le monde se retrouve à la COP 21 pour bichonner le climat, donc l’avenir de l’humanité, rares sont ceux qui pointent du doigt les dégâts causés par l’agriculture industrielle. Pourtant, celle-ci contribue, selon diverses sources de l’ONU, à au moins 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre dues à l’activité humaine. En cause : l’expansion de l’élevage intensif et des monocultures, synonymes de déforestation, de sols nus ou d’utilisation massive de pesticides et d’engrais d’origine pétrochimique. Ce chiffre grimpe autour de 50 % si l’on inclut l’ensemble de la chaîne agro-industrielle, y compris la transformation et le transport des aliments, selon un rapport de l’ONG Grain. Or, qui symbolise le mieux ce modèle, également accusé de polluer l’eau, les sols ou l’air, d’accélérer l’extinction de la biodiversité et la progression de ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle l’«épidémie de maladies chroniques évitables» (cancers, maladies d’Alzheimer ou de Parkinson…) ou encore de menacer la souveraineté alimentaire des peuples, par le jeu des brevets sur les semences et de la privatisation du vivant ? «Monsanto», répond la fondation Tribunal Monsanto.

Créée à La Haye, aux Pays-Bas, avec le soutien de mouvements citoyens comme Via Campesina, d’ONG ou de personnalités internationales (dont l’écologiste indienne Vandana Shiva, déjà bête noire de la multinationale de Saint-Louis, ou l’Australien Andre Leu, président de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique), cette fondation entend «juger les crimes imputés à la multinationale américaine dans le domaine environnemental et sanitaire et contribuer à la reconnaissance du crime d’écocide dans le droit international» (lire l’interview page 14).

Au-delà de Monsanto, il s’agit de monter un «procès exemplaire» pour dénoncer «toutes les multinationales et entreprises qui ne sont mues que par la recherche du profit et qui, de ce fait, menacent la santé des humains et la sûreté de la planète». Vaste programme. Lancée officiellement ce jeudi (1), l’initiative, que Libération suivra pas à pas toute l’année, «est tout à fait unique et sans précédent», insiste sa marraine, la réalisatrice et écrivaine Marie-Monique Robin, elle aussi peu appréciée du géant américain depuis le Monde selon Monsanto, son enquête très fouillée déclinée en en 2008 en film et en livre. Rien à voir, explique-t-elle, avec le tribunal Russell-Sartre, mis sur pied en 1966 afin de juger les responsables de crimes de guerre au Vietnam, ou encore avec le Tribunal international des droits de la nature, qui siégera à Paris ces vendredi et samedi, en marge de la COP 21. Ceux-ci ont surtout une «valeur pédagogique», tandis que «le Tribunal Monsanto n’est pas qu’un tribunal d’opinion, mais un vrai tribunal avec de vrais juges et avocats en robes, qui examineront de vrais chefs d’inculpation établis avec les vrais outils du droit international», même si ce tribunal n’aura pas de reconnaissance institutionnelle.

 

Lire la suite http://www.liberation.fr/planete/2015/12/02/monsanto-pour-que-justice-germe_1417833

 

 

 

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