Huître triploïde : une « manipulation » bien cachée

 Huitre parc

 
Les Français sont les champions du monde des consommateurs d'huîtres crues. Mais ces amateurs savent-ils vraiment ce qu'ils ont dans leur assiette ? L'huître «triploïde» ou plus poétiquement «huître des quatre saisons» représente en effet une part importante de la production ostréicole. La triploïde a subi d'importantes manipulations chromosomiques qui la rendent stérile et donc consommable toute l'année. Elle est devenue un produit de laboratoire depuis les années 2000. Et depuis 2008, un phénomène inquiétant apparaît : les huîtres meurent par milliers.

 

 
Pourtant, «il n'y a aucun problème pour le consommateur» assure Tristan Renault de l'Ifremer. Est-ce une certitude ?
 
 

 Créée par Ifremer, cette huître stérile représenterait au moins 50 % des huîtres vendues en France.  Pourtant, aucun étiquetage ne permet aujourd’hui au consommateur de différencier les triploïdes issues de naissains (larves)  produits en écloserie, des huîtres « naturelles » issues de naissains de captage  dans le milieu marin.  En 2001, le Conseil national de la consommation (CNC) avait demandé que les consommateurs soient informés du caractère polyploïde de ces huîtres et qu’une indication « huîtres triploïdes » soit rendue obligatoire dans l’étiquetage. Une demande restée lettre morte, l’Afssa (agence de sécurité sanitaire de l’alimentation), n’ayant mis en évidence  aucun risque sanitaire particulier pour les consommateurs. La question de l’étiquetage  n’est pas réglée pour autant et fait toujours l’objet de débats acharnés au sein de la profession. La majorité des ostréiculteurs n’y est pas favorable,  de crainte d’un boycott de ces coquillages  par les clients. Avec l’appui du sénateur écologiste du Morbihan, Joël Labbé, l’association Ostréiculteur traditionnel, dont la particularité est de regrouper des producteurs ne travaillant qu’avec du naissain naturel, se bat pour rendre obligatoire son étiquetage. Il s’agirait de distinguer les huîtres « nées en mer » et celles issues « d’écloserie ».

De leur côté, les pouvoirs publics y ont jusqu’ici mis leur veto, arguant du fait que ces huîtres, bien qu’issues d’une manipulation génétique,  ne sont pas  des organismes génétiquement modifiés (OGM),  puisqu’il n’y  a pas introduction de gènes nouveaux.

 

 

Tétraploïdes : un risque  pour l’environnement

 

Les huîtres triploïdes sont obtenues par croisement d’huîtres diploïdes (2 lots de 10 chromosomes), avec des huîtres tétraploïdes (4 lots de 10 chromosomes) dont le nombre de chromosomes a été doublé par des procédés brevetés par l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer). L’organisme de recherche public vend ses tétraploïdes aux écloseries qui doivent les détruire ou les restituer à l’Ifremer après utilisation. La fuite des tétraploïdes dans le milieu naturel serait une catastrophe écologique car ces super-géniteurs femelles pourraient se reproduire avec des huîtres diploïdes « sauvages » et donner naissance à des huîtres triploïdes donc stériles. En outre, la disparition des naissains de captage naturel rendrait les ostréiculteurs entièrement dépendants des écloseries.  Problème : le brevet d’obtention des huîtres tétraploïdes détenu par l’Ifremer expire cette année. Il pourrait donc échoir à des entreprises privées. Pour éviter ce scénario à la Monsanto, le Comité national de conchyliculture (CNC) envisage de se porter acquéreur du brevet.

 

 

 Huîtres, bientôt la fin ?  Reportage
 
 
 

 

Pour changer de modèle alimentaire soutenez notre pétition

 

STOP au lobby de la grande distribution, OUI à l'économie locale

 

Suivez-nous sur  Facebook      Twitter

Commentaires (1)

Jean Marie Lemaire
  • 1. Jean Marie Lemaire | 02/01/2017
Les producteurs se sont bien gardés de nous informer sur la manipulation génétique de l'huître " triploïde ", une huître qui grossit deux fois plus vite, qui n'a plus de maladie et que l'on peut manger en toutes saisons. Cette manipulation sous la houlette d'IFREMER ne va pas tarder à nous faire connaître un retour en forme de désastre écologique, déjà, les moules et certains coquillages à valve en font les frais dans la plus grande des discrétion. Non à la manipulation d'un produit naturel qui doit le rester sous peine de provoquer un scandale pire que celui de la " vache folle ".

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.