Loi gaspillage alimentaire votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale !

Le 11 décembre 2015, Dominique Duffy

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Bonne nouvelle : la loi sur le gaspillage alimentaire a été votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale dans la nuit du mercredi 9 décembre !  Les députés mettent en avant un "enjeu crucial" pour la planète, alors que se termine la conférence climat COP21.

 

Déposé initialement dans le cadre de la loi sur la transition énergétique, le texte contre le gaspillage alimentaire, consensuel et concret, avait été retoqué par le Conseil constitutionnel, pour une question de procédure. 

Dernière étape : vote final au Sénat le mercredi 13 janvier.

 

Cette loi va permettre à 10 millions de personnes dans notre pays de manger à leur faim ! 

 

 

Merci  à Arash Derambarsh conseiller municipal (LR) de Courbevoie (Hauts-de-Seine) d'avoir initié une pétition pour dire «stop au gâchis alimentaire», (+  211 000 signatures en France et 740 000 en Europe).

Il est également auteur du Livre "Manifeste contre le gaspillage alimentaire"   sorti le 2 novembre 2015 (Fayard) dont les droits d'auteur sont intégralement reversés à la Croix Rouge Française.

 

Ouest-France du 9 décembre 2015

Quel est le problème ?

 

Chacun de nous jette à la poubelle de 20 à 30 kg de nourriture chaque année, dont 7 kg emballés. Ce qui équivaut à plus de 100 € par personne et par an. Le premier enjeu est un enjeu de pouvoir d’achat. Mais il y a aussi un enjeu écologique. Au plan mondial, le gaspillage alimentaire, c’est l’équivalent du troisième émetteur de gaz à effet de serre, après la Chine et les États-Unis. Nous sommes en pleine Cop21 : pour préserver la planète, il faut combattre le gaspillage alimentaire. Et un enjeu éthique : plus de 30 % de la production alimentaire totale sont perdus, jetés ou gaspillés. Si nous voulons, en 2050, nourrir 9 milliards d’êtres humains, il faut commencer, dès aujourd’hui, par ne plus gaspiller.

 

On pourrait nourrir ces 9 milliards d’habitants si on ne gaspillait pas ?

 

Ca ne suffirait pas. Mais pour les nourrir, il faudra nécessairement moins gaspiller. Dans les pays riches, les premiers gaspilleurs, c’est nous, le gaspillage est plutôt au stade de la consommation – on jette – et dans les pays en développement, c’est plutôt la production – stockage, transport, transformation – qui fait défaut.

 

 

En quoi une loi peut-elle résoudre cette question ?

 

La loi va généraliser le don des grandes surfaces aux associations de solidarité à travers une convention obligatoire qui précisera les modalités du don. Certaines grandes surfaces le font, mais toutes ne donnent pas. Des surfaces, moyennes ou grandes, préfèrent jeter que de donner.

 

 

Un exemple ?

 

Un fabricant de yaourt qui fabriquait en marque distributeur, s’il se retrouvait avec un yaourt refusé par la grande surface, parce qu’ébréché, abîmé, se retrouvait avec toute la palette sur les bras. Mais il ne pouvait pas donner, parce que la marque appartient à l’enseigne ! Grâce à la loi, ce don sera possible. Pour le yaourt en marque distributeur, c’était 32 millions de pots chaque année !

 

 

Est-ce que ça coûte à la distribution ?

 

Non, parce que ce don est défiscalisé, une disposition permet de diminuer le montant de l’impôt. Parallèlement, il y aura une interdiction de détruire de la nourriture consommable. En jeter à la poubelle sera passible de sanctions : 3 750 € par infraction constatée. Le fait de javelliser les poubelles, ce sera terminé.

 

 

A-t-on la certitude que cela profitera à ceux qui en ont le plus besoin ?

 

Oui, parce que le don est fait aux associations habilitées, par le ministère ou par la préfecture, qui accompagnent les personnes en difficultés.

 

 

Qui auront les moyens de collecter, de stocker, de transporter ?

 

C’est précisément l’objet de la convention de déterminer ces modalités.

 

Nous sommes les premiers gaspilleurs. Là, la loi ne peut rien changer !

 

Si, justement ! Nous faisons de l’éducation à l’alimentation un pivot de la lutte contre le gaspillage. Ce sont les enfants qu’il faut éduquer à moins jeter. Elle rentrera dans les parcours scolaires, à la cantine. En lien avec les ministères de l’Éducation, de l’Agriculture, et de l’Écologie seront mis au point des modules pour accompagner les enseignants et les personnels éducatifs. Derrière, il y a la valeur que l’on donne à l’alimentation, au travail de celui qui la produit, l’agriculteur, le salarié ou le cuisinier.


Pour faciliter l'implantation de commerces en circuits courts, protéger

la planète et notre santé, signez et partagez notre pétition :

 

STOP au lobby de la grande distribution, OUI à l'économie locale

 

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