Dans leur jardin, on partage koudmen et savoirs

le 18 janvier 2016

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France Antilles -  Olivier FEYT - le 17 janvier 2016

 

Depuis septembre, quatre adhérentes de l'association Dot Soley mettent en valeur un jardin partagé à Caféière/Petit-Bourg, avec l'aide de deux agriculteurs.

« Ils ont poussé tout seuls quand on a commencé à préparer les plates-bandes. On a failli les arracher comme des mauvaises herbes. Heureusement que les garçons nous ont dit que cela se mangeait. » De ces épinards-pays, Mélanie Falord et Nathalie Smagge en ont rempli des seaux entiers. Et elles ne le regrettent pas. « Cuits à l'eau puis revenus avec des lardons, c'est délicieux » , note la seconde, qui en a aussi fait une quiche.
Les « garçons » , ce sont deux agriculteurs qui cultivent dans le respect de l'environnement. À l'occasion, ils apportent aide et conseils aux quatre femmes qui ont entrepris, à la rentrée de septembre, de cultiver leur jardin partagé sur l'exploitation de Didier Boismoreau, maraîcher et éleveur à Caféière/Petit-Bourg.
« Partagé » , ce potager l'est vraiment car personne ne jardine dans son coin. Ici, on échange koud-men, savoir-faire, graines et plants. Une aubaine pour ces adhérentes de l'association Dot Soley qui, pour certaines, sont néophytes et ne disposent pas chez elles du terrain suffisant pour exercer leur main verte.
Le projet, qui a reçu un financement de la Région et de l'État dans le cadre du Pralim (1), comprend également des formations avec les agriculteurs et un volet intergénérationnel. Les jardinières veulent ainsi solliciter une dame du quartier afin qu'elle les conseille sur les trucs et astuces du jardin créole.
 
 
DÉJÀ DES PLANTES MÉDICINALES
 
Au début, il leur a fallu débroussailler, travailler la terre qui était dure, la désherber et la fertiliser. À l'ombre, sous le bouquet de bambous, traîne justement un sac de compost fait à partir de « caca cabri » , offert par un ami éleveur bio. « Cela nous a permis de démarrer plus vite : c'est assez long de faire du compost. Et on ne veut pas n'importe quoi, comme un compost issu d'animaux traités aux antibiotiques » , souligne Nathalie Smagge.
Mais à présent, le lopin de terre a belle allure. Y poussent des plantes médicinales et aromatiques : plantes « doliprane » et « efferalgan » (très efficaces, paraît-il, mais aussi très amères), zèb a mal tèt, basilic, etc. Dans quelques mois, elles espèrent ramasser leurs premiers légumes.
Nathalie Smagge énumère les plantations sur son morceau de parcelle, délimité par quelques pierres : « Là, j'ai du chou. Ici, du piment végétarien, de la groseille et au bout, du giromon et les papayers qui feront un peu d'ombre. »
Autour des jeunes pousses, elle a disposé de la paille pour maintenir l'humidité du sol. Mélanie Falord, qui est la coordinatrice du projet de jardins partagés, a pour sa part l'intention de faire pousser des ti-concombres et d'autres variétés locales succulentes.
Comment en sont-elles arrivées à travailler ce lopin une à deux fois chaque quinzaine ? En fait, nos jardinières connaissaient déjà l'endroit pour avoir donné des koudmen à Didier Boismoreau. Une façon aussi de vérifier sur place que les méthodes d'agriculture raisonnée y sont bien respectées et de les acquérir à leur tour.
 
 
« CHOISIR CE QUE NOUS PLANTONS »
 
Toutes deux sont également adhérentes de l'Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) de Dot Soley (lire par ailleurs). À ce titre, elles s'approvisionnent en légumes auprès des deux producteurs de l'Amap, Didier Boismoreau et Fabrice Eutrope-Sylvère qui, lui, cultive aux Abymes et à Sainte-Rose.
« À l'Amap, on reçoit un panier dont le contenu nous est imposé. Cela nous permet de découvrir des produits qu'autrement, on n'aurait pas goûtés. Les jardins partagés, eux, nous permettent de choisir ce que nous voulons planter. » Bref, deux façons concrètes et complémentaires de soutenir l'agriculture raisonnée.
 
 
 
 
 

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